mercredi 26 janvier 2011

26.2. Ja Bombay, ich komme !


En posant les pieds sur le sol indien, j'ai fait avancer le temps de 5h30 : me voilà le lendemain ! Avant de faire la connaissance de Deepali il y a maintenant 2 ans, je ne savais pas qu'il existait des décalages d'une demi heure.

Pour commencer je ressens surtout la chaleur, quelque chose comme 25 degrés, j'ai bien fait de ne prendre qu'une veste légère.

A la sortie de l'aéroport je décide de prendre un taxi prépayé, direction Mulund, le quartier Nord de Mumbai où habitent les parents de Deepali. Le prepaid taxi est un concept de taxi qui gagne à être connu : on paye à l'avance dans une agence au sein même de l'aéroport notre voyage, le prix varie en fonction de la destination et non pas du temps. C'est à la fois apaisant et rassurant car j'ai ainsi la garantie de voyager sereinement sans me demander toutes les 30 secondes de quelle façon l'autochtone qui me conduit va essayer d'arnaquer le touriste que je suis, une fois arrivé à destination. Ça c'est pour mon coté parano.

J'ai pris la photo à l'arrache, à l'intérieur du taxi, la qualité laisse fatalement à désirer. J'ai d'autres photos de taxis prises d'autres jours, mais ça n'aurait pas été le miens.

Je ne sais pas ce qu'il en sera de jour, mais le moins que je puisse affirmer des nuits de Mumbai, c'est que la route appartient aux taxis ! J'en croise surtout de 2 types, tout d'abord ces vieilles guimbardes rouillées qui servent de prepaid taxi, sans ceintures, dans un état de délabrement pire que la 2CV qu'on a eu à une époque, et dans laquelle je me fais entrainer à l'autre bout de la ville sans ceinture, mais aussi une quantité impressionnante de "rickshaw", des espèces de voiturettes à 3 roues conduites avec un guidon et qui doit manifestement tourner avec un moteur de scooter.

Et pour vous donner une idée de la "population" des routes la nuit, je dirais que pour 10 rickshaw croisés, je croise 3 motos, 2 taxis, 2 camions et 1 voiture privative. Oh, et quelques tracteurs... Ce n'est pas à Paris qu'on verrait ça ! Je suppose quand même que la nuit n'y est pas pour rien, et que les voitures personnels doivent circuler de jour.

C'est dans ce genre d'occasions que je réalise que le principe du "permis de conduire" doit être une invention occidentale. Tout le monde se croise dans tous les sens, j'ai vu que parfois le sens de circulation n'était pas respecté, les piétons déboulent de partout... et tout ce beau monde klaxonne en quasi permanence : ces rues sont complètement folles !

Les indiens ont également une notion du GPS qui n'appartient qu'à eux : le chauffeur de taxi demande son chemin au fil de l'eau. Il connait vaguement la situation du quartier, et une fois sur place il interpelle les passants tous les 100m pour trouver la bonne rue... et une fois dans la bonne rue il continue à demander son chemin aux gens pour trouver le bon immeuble car il n'y a pas de numéros de rue, ou s'il y en a, ils ne sont pas affichés donc inutiles. Ils utilisent plutôt les noms des immeubles, ce qui n'est pas très pratique à trouver quand on ne connait pas le quartier et que les inscriptions sont quasiment toutes effacées.

Moralité, nous sommes perdus, et après avoir cherché notre chemin pendant une quinzaine de minutes, nous trouvons enfin l'immeuble : nous étions passé devant sans le voir. Si j'avais eu un forfait data international, j'aurai pu sortir mon iPhone et régler ce problème, mais je sais pas si je l'aurai fait, je trouvais cela intéressant de laisser faire avec les moyens du bord ! On peut survivre sans iPhone, je vais le prouver !

Je suis accueilli par Deepali et sa famille : son père, sa mère, et sa petite soeur. Deepali a un mois de plus que moi, et la petite sœur a 21 an. Une autre sœur de 23 ans est partie dormir. Ils sont très accueillants et très sympathiques, je me sens rapidement à l'aide. Ils parlent tous anglais, un anglais avec un accent indien, ce qui est trèèèès perturbant. Nous discutons un long moment puis sur les alentours de 3.30 nous allons dormir.

La première nuit aura été difficile, j'ai été pris pour cible par une armée de moustiques vicieux ! Cela, la chaleur et un ventilateur ultra bruyant qui tourne à fond rendent ma nuit plutôt impossible, et quand le réveil sonnera à 6.30 je n'aurai en tout et pour tout dormi qu'une heure et des poussières... Pour le bruit j'avais pris au cas où des boules Quiès, j'ai été bien inspiré sur ce coup là, dommage que je n'ai pas pensé aux moustiques.

Rude réveil ! Mais je suis rapidement opérationnel. En même temps je n'ai pas le choix, car les invités commencent à arriver et je dors dans le salon :p

Cette journée m'a permis de faire la connaissance de toute la famille proche de Deepali, les cousins et cousines, oncles et tentes, grands parents. Ils sont tous très gentils et curieux de savoir qui je suis, de ce que je fais, ils m'ont tous au moins demandé 3 fois si j'aimais l'inde et si j'aimais la nourriture. Je ne connais pas encore l'inde mais je les rassure sur ce point, car je trouve que l'inde est à voir ne serait-ce que pour la gentillesse des habitants.

Côté habitation, ils habitent un appartement dans un quartier qui semble de prime abord plutôt défavorisé, selon mes critères de parigo la quasi totalité des extérieurs de bâtiments devrait être refait, sans parler des routes en chantier un peu partout, pour autant c'est quand même joli à voir tellement cela fait authentique. L'appart est plutôt agréable, elle ne fait pas très neuve mais elle possède quand même le modernisme que je n'étais pas sûr de trouver : électricité, eau chaude, un ordi avec internet (mais pas de Wifi). Également deux toilettes : des toilettes indiennes à les entendre, mais vous les connaissez plutôt sous le nom de toilettes turques, et des toilettes plus classique. Mais sans papier... il y a un robinet et un seau à la place. Comment peuvent-ils bien s'y prendre... pas trop envie d'y réfléchir ni même d'essayer pour le moment, l'immersion à ses limites, et accessoirement je remercie mon dieu Système-D de m'avoir fait penser à prendre des paquets de mouchoirs.

Je réalise après coup que ce n'est probablement pas un quartier défavorisé mais un quartier de classe moyenne. Toute la famille a fait des hautes études, le père est ingénieur dans le civil, Deepali l'est en informatique, sa moyenne soeur est MBA en management financier, et la dernière est docteur dans le dentaire je crois , il y a une cousine docteur en radiologie, ils ont 2 voitures, le père a été président du Rotary Club de Mulund, bref ils s'en sortent très bien. Ceci dit la petite soeur ayant 21 ans, j'en déduis qu'ils ont pas la même définition du docteur que nous...

Pour le petit déjeuner ils grignotent des snacks : des crackers, qui couvrent à peu prêt toute la palette de gout qu'un piment peu bien apporter à un mets. Ils accompagnent cela de petites crêpes aux épices, des sauces plutôt forte, des chutney de coco, et des piments. En fait, le choix est simple : tout ce qu'ils mangent est sweet or spicy, c'est à dire ultra sucré ou ultra pimenté, visiblement ils ne s'attardent pas sur le juste milieu qui ne doit pas présenter grand intérêt gustatif à leurs yeux. Ceci étant, c'est très bon, je me régale. Je comprends rapidement que je ne vais pas être en mesure de contrôler ce que je mange, notamment ils filtrent l'eau mais est-ce que cela suffira, j'en doute. Comme je veux en profiter, je n'y pense pas.

J'accompagne les sœurs de Deepali et leurs cousins au marché végétal. Comme j'ai oublié mon compact, j'espère pouvoir y retourner avant mon départ. Nous achetons des fruits pour offrir une corbeille à la mariée. Je me sens épié de toutes parts, il faut dire que je n'ai pas croisé un seul occidental (ce qui restera vrai les 3 prochains jours : oui, je lis dans le futur ! Ou alors je poste avec 3 jours de retard, au choix). Je suis à moitié rassuré, et donc content de ne pas avoir le D700 autour du cou et de ne pas être seul, mais je pense que c'est plus une peur idiote qu'autre chose, je n'ai pas l'impression qu'il y ai de risque. La rue grouille d'écoliers lâchés en liberté, les sœurs de Deepali sortent librement et ne semble pas s'inquiéter de quoi que ce soit, deux détails qui donnent à mes yeux une image rassurante des rues, même si les risques pour les étrangers ne sont jamais les même que pour les locaux.

Je confirme ce que je pensais à propos des rues de la ville, il y a quand même beaucoup plus de voitures personnelles en plein jour. Je dirais un bon tiers, le reste étant occupé par tout ce que j'ai cité hier, auquel il faut ajouter les bus.

5 commentaires:

Lily a dit…

J'adore toujours autant ta façon de raconter les histoires, j'ai bien ri..

La famille de Deepali a l'air vraiment cool

Linc a dit…

Ah bon, merci ;-)

Oui ils sont super sympa, je les ai tous adorés !

Kala a dit…

Pareil j'adore !

Si tu les revois encore avant ton départ, salue les de notre part.

Linc a dit…

C'est pas sûr, on verra si on y arrive demain. On aimerait tous bien mais ils ont repris le boulot, eux :p

Au pire je les appellerai donc j'en profiterai pour passer le message ^

Lily a dit…

Passes leur aussi de ma part si tu les as !!


Bisous