Mais en fait c'est plus fort que moi. Démonstration...
Pour aujourd'hui, cela va être difficile de ne pas commencer par un petit aparté technique sur le sténopé. Car ceci est un sténopé. ("Ceci est une révolution" :D)
Un sténopé, ou pinhole en anglais, c'est une boite qui permet de faire des photographies, mais sur lequel l'objectif est remplacé par un simple trou d'aiguille. On pourrait dire pour résumer que c'est l'ancêtre de la photographie. Le trou laisse passer dans la boite la lumière inversée de l'extérieur, ce qui suffit à faire une photo. L'image inversée vient imprimer le support comme le fait un appareil photo argentique à peu près habituel.
Et comme pour les argentiques à peu près habituels, il existe 2 grands types de sténopés :
- Ceux qui fonctionnent directement avec une feuille de papier photosensible : on expose une scène sur un papier photo, puis on change de papier pour exposer une seconde photo. Le principe des appareils grand format d'avant guerre, les grosses boîtes qui photographiaient sur du papier ou même sur du verre.
- Ceux qui permettent d'exposer des pellicules, produisant des négatifs que plus tard on tirera sur du papier. Le principe des appareils photos argentiques de petit format (compacts, reflex..).
Voilà pour le jargon.
Maintenant 2 mots pour le contexte (et oui, on va pas s'en sortir...)
Il y a un an ou deux que je voudrais me fabriquer un sténopé. Pourquoi ? Parce que j'adore bidouiller, je suis un bidouilleur assumé !
Et donc j'aimerais me fabriquer un sténopé qui ne soit pas "jetable", comprendre par là qu'une fois opérationnel, je puisse l'utiliser longtemps sans risquer de le détruire à chaque changement de pellicule. En effet, s'il est facile de se faire des sténopés à partir de bric et de broc, ceux qui sont faciles à faire sont bien souvent des sténopés construits autour d'une pellicule (par exemple scotchés dessus) et qu'on déglingue pour pouvoir récupérer la pellicule une fois qu'elle est terminée, ce que je trouve dommage. Donc se faire un sténopé de compet' me trottait dans la tête depuis un moment.
Oui mais le problème c'est que je n'ai pas beaucoup de temps pour me pencher sur la question, et que je n'ai pour m'accompagner qu'une espèce de demi-courage pas très solidaire en ce moment.
Moralité ? Si je ne vais pas au sténopé, le sténopé viendra à moi.
Maintenant le 3 janvier 2011 ! (fiou !)
Ce soir en quittant le boulot, passage au labo pour déposer les pellicules de ma semaine de vacances. J'en profite pour me renseigner sur le prix du Stenoflex, un sténopé en carton qu'ils ont en stock et dont je connaissais le prix du fabricant pour l'avoir vérifié 2 heures avant sur internet.
Bonne surprise, mon labo le vend moins cher que le prix fabricant. Là je me dis "victoire", ils n'escroquent pas "trop" sur les sténopés (de toute façon honteusement chers pour ce qu'ils sont). je demande donc ce qu'ils font d'autre, notamment en sténopé utilisant des films plutôt que du papier. La vendeuse me montre un sténopé en bois, pas donné mais acceptable par rapport au modèle en carton qui coute quand même bonbon. J'ai des bons d'achats qui ne sont utilisables que dans cette boutique alors j'en profite et je me lance !
Manque de chance, au moment d'encaisser les bons d'achat, elle me dit qu'ils ne fonctionnent pas pour un achat d'appareil, que ce n'est que pour les travaux photos et les pellicules... damned ! Et là le dilemme... le prends-je, le prends-je pas...
Allez c'est décidé : le prends-je ! Bin oui, après y avoir pensé pendant plusieurs jours c'était difficile de l'oublier.
Constatant qu'il n'y a qu'un sac de pièces démontées, je demande quand même naïvement, n'y aurait-il pas un manuel de montage ? "Que nenni, mais vous verrez, c'est facile."
Tu parles Charles !
Comme vous pouvez le voir sur la photo, me voici devant mon petit tas de morceaux de bois aux formes absconses, et sans le mode d'emploi qui va avec.
J'arrive à peu près à tout assembler, je me surprends moi-même. J'ai trouvé la place de chaque pièce mais juste en les tenant assemblées, sans les coller, donc je vais pouvoir passer à l'étape colle.
Mais avant cela vient le délicat moment de faire "le trou", ze trou qui laisse passer la lumière. J'avais lu des témoignages de gens en ligne qui expliquaient que c'etait la partie la plus délicate, avec en gros une bonne chance sur 2 de le rater, car de l'ultime précision du trou dépendait la capacité du sténopé à rendre des photos pas floues... en gros il faut réussir à simuler la plus petite ouverture possible pour que l'image soit net sur l'ensemble de la photo, avec une profondeur de champ la plus large possible, bref, une sorte de "f36", la référence qu'on donne à l'ouverture d'iris généralement la plus petite que propose un objectif de reflex, mais quand même suffisament grande pour que tous les rayons puissent passer sans masquer une partie de l'image. Bon... ça promet.
Mais l'heure tourne et nous passons à table. Après le repas, pris d'un doute, je vérifie sur le net, et à force de faire de recherches pifométriques je finis par tomber sur, devinez quoi ? Une notice de montage de ce modèle de pinhole ! Je me suis fais des noeuds au cerveau pour rien... Mais j'ai quand même trouvé la bonne combinaison tout seul comme un grand, moralité mon cerveau va très bien :)
Et puis ? et puis rien, je vais dormir, je verrais ça dem... enfin mercr... non jeud... vendredi ! Maudits cours :p
C'était la séance semi-bidouille assistée par pinhole pré-fabriqué... mais un jour j'en ferais un de toute pièce pour décrocher le titre de bidouilleur, et pour pousser le vice encore plus loin, je développerai les pellicules avec du café ! Que du naturel... Non mais.

1 commentaire:
Intéressant cours sur la sténopé !!
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