lundi 31 janvier 2011

31. Self-guided walking tour



L'Alliance Française est ouverte aujourd'hui, mais j'ai décidé de m'en passer. En fait je n'en ai pas besoin, j'ai un "self-guided walking tour" de Bombay dans mon iPhone (comme dit Steve Jobs : There is an app for all). Je m'en sers pour me refaire un programme pour la journée en enlevant ce qu'on a vu hier, je reporte les points et les routes à suivre sur une mini carte prise à la réception, ce qui m'évitera d'avoir à exhiber mon iPhone tous les 4 coins de rue, et c'est parti !

Au menu, visite des rues de Bombay et des bâtiments remarquables : Prince of Wales Museum, David Sassoon Library, Rajabai Tower, High Court, Town Hall, Victoria Terminus, et quelques autres magnifiques trouvés au passage, sans pour autant être à destination touristique. Je repense à un en particulier, qui était gardé dans tous les coins par des gardes armés de mitraillettes, retranchés derrière des sacs de sable... ce genre de trucs sympa. Je dois dire que celui-ci j'ai hésité un petit moment avant de prendre des photos !

Le midi j'ai encore craqué, j'ai été au McDo en face le Victoria Terminus (en photo). Au programme, le Chicken Maharaja Mac, leur Big Mac à eux. Tellement plus intéressant que ce truc étouffe-chrétien qu'ils vendent en France...

En me baladant je tombe par hasard sur la St. Thomas Cathedral, une des premières églises anglicanes fondée à l'arrivée des envahiss... des anglais, j'en profite pour y jeter un oeil. Je crois bien que c'est la première fois que je rentre dans une église anglicane, je n'avais pas le souvenir de l'avoir fait à Londres. Et alors ? Et alors c'est bien une église. Sinon ? Sinon pas grand chose. Mais c'est comment dedans ? C'est comme une église, d'ailleurs c'est une église.

A la fin de ma visite, j'ai envie d'un peu de fraicheur et de culture, ça tombe bien, les musées ont tout compris en conciliant souvent astucieusement ces deux avantages. Je tente de rentrer dans le MAM de la ville mais il est fermé le lundi, c'est bien ma veine. Du coup je me rabat sur le Jehangir Art Gallery, qui présente quelques collections de tableaux. Je visite aussi un étage du musée occupé par une galerie d'antiquaire, où je fais quelques emplettes.

Je profite du magnifique soleil rasant de fin de soirée (si seulement le soleil pouvait être comme ça toute la journée) pour refaire quelques photos de pièces maitresses croisées sur le chemin du retour, puis je rentre à l'hôtel me reposer. Un petit tour de 7 à 8 km je dirais.

J'hésite entre reprendre un train de vie normal en me couchant tôt pour profiter de la matinée demain, ou à profiter de ce soir pour partir à la recherche d'une boite de nuit ou quelque chose comme ça pour découvrir la ville indienne de nuit.

Pour commencer je vais manger. Comme je suis fatigué et que je n'ai pas trop envie de ressortir dans l'immédiat, que ce soir le restaurant de l'immeuble est réservé pour un événement, et qu'en plus je n'ai jamais testé de commander à manger auprès d'un room service, je me dis que la conjoncture de ces 3 alignements stellaires est le signe évident que je tiens là une occasion qui ne se rate pas : je commande un plat de Nouilles au poulet auprès du room service !

Et là, quelle surprise ! Pas de sauce surchargée... pas de sauce du tout même. Magnifique. Parfait. Divin. C'est un Miracle ! Tellement simple et pourtant tellement bon.

Si je devais résumer South Bombay en quelques mots ? Il y a quelque chose de très agréable dans l'ambiance qui s'en dégage. La seule ombre au tableau, ce sont les bagnoles qui klaxonnent en quasi permanence, c'est vraiment usant. Au delà de ce point noir c'est une ville agréable et aérée, avec des espaces verts, beaucoup d'arbres, certaines rues mélangeant même constructions et végétation un peu comme dans un vieux temple oublié façon Indiana Jones (vive les références), j'adore cela. Paradoxalement, je me sens plus chez moi ici que dans une capitale comme Berlin ou Copenhague, qui sont pourtant aussi de jolies villes. Cela me rappelle que j'avais eu un peu la même sensation en visitant Londres : une ville folle mais agréable. Serait-ce l'influence anglaise de Bombay qui m'interpelle ?

Pour l'heure mon programme de la soirée est arrêté : dodo.

dimanche 30 janvier 2011

30. भारताचे प्रवेशद्वार


... ou Gateway of India, en marathi. Le marathi est la langue de la région où se trouve Bombay, le Maharashtra. Le marathi est avec l'hindou, et une autre qui m'échappe et l'anglais les 4 langues que parlent couramment la famille de Deepali.

Ahhhh ma première longue nuit... 6h de sommeil ! Je me dépêche d'aller prendre mon breakfast avant la fermeture du restaurant de l'hôtel.

Je suis déçu de ne pas voir de quoi me faire un english breakfast, mais quand même rassuré qu'il y ai de quoi envisager un "continental breakfast" comme disent les anglais. La joie est de courte durée car le beurre n'est pas très bon, le lait a un goût vraiment particulier et leur confiture est du même degré de bizarrerie, quant a la brioche elle est sèche comme les couilles du pape !

Je réalise après coup qu'ils font des omelettes et des oeufs... cool! Sauf que quand je demande une omelette, ils m'apportent une omelette aux poivrons et piments... Ça m'apprendra à ne pas être plus précis dans mes commandes ! Je passe quand même un bon petit déjeuner et je remonte organiser ma journée.

J'ai prévu de voir les incontournables, un tour d'une dizaine de "sightseeing" sur un tour d'environ 3 km, ce sera suffisant pour commencer !

Jitendra, le père de Deepali, m'appelle a l'hôtel pour savoir s'ils peuvent me rejoindre pour la journée pour me servir de guide. J'en serai ravis! Nous convenons d'un rdv à l'hôtel pour 13h.

Je pensais ne pas prendre le D700, ne voulant pas prendre le risque de me le faire voler, je me sentais plus rassuré à le savoir dans le coffre fort de ma chambre, mais maintenant J'hésite! Bon, ce sera quand même plus sérieux de faire sans car je n'ai pas encore fait l'expérience du poids de la chaleur écrasante de l'après midi. Jusqu'à maintenant je ne suis jamais resté dehors à pied plus de 10 minutes. Ce sera donc le compact Samsung.

Roll-up for the mystery tour !

Or not. Il est 15.40 et ils ne sont toujours pas là, je ne sais pas ce qu'ils fabriquent... J'en profite pour commencer le tri dans les photos ! Je ne maitrise pas trop les réglages de développement RAW (*), je m'occupe donc de mes traditionnelles retouches : recadrages, correction d'exposition, retouche des courbes de niveau, élimination des doublons et des horreurs. Je m'intéresserais aux spécificités du format RAW quand j'aurai le net.

* RAW, par opposition au JPG, c'est le nom générique qu'on donne aux photos "brutes" saisies par le capteur d'un APN.  Tous les appareils photos intègrent un processeur de traitement photo qui transforme automatique l'image RAW en JPG, en appliquant justement des retouches, des réglages automatiques qui rendent la photo plus sympa à l'oeil. Par exemple de la suppression de bruit, une retouche de la densité et du contraste. On pourrait comparer le fichier RAW au négatif argentique : le développement en JPG depuis son fichier RAW, vs. le tirage photo argentique depuis son négatif. Or il faut savoir que le papier photo argentique restitue beaucoup moins d'information que ce que possède le négatif. Je ne me souviens plus exactement mais c'est quelque chose comme 5 pour 11, en faveur du négatif. Dans un labo photo, tout le travail du tirage d'une photo se résume à faire des choix sur ce que l'on souhaite restituer du négatif sur la photo. En terme de contraste, de densité, etc.

C'est un peu pareil dans le monde numérique, le JPG est une vision du RAW qui implique des choix. Or sur un APN, c'est le boitier lui même qui fait ces choix à la place du tireur de photos, au moment où il créé les JPG. Mais fait-il les bons ? L'intérêt de travailler sur les fichiers RAW, c'est que le photographe conserve l'entière maitrise de sa photo, il n'y a aucune perte d'information du à l'interprétation du processeur intégré à l'APN ou à la compression JPG, il en résulte une souplesse incomparable de développement de la photo. L'inconvénient c'est que sans compression les photos sont plus lourdes, une photo de 15 mpx pèsera 15 mo, une de 25 mpx pèsera 25 mo, etc. (c'est un peu réducteur car il existe quand même des possibilités de compression sans pertes). Contrairement aux compacts qui ne proposent que du JPG, les reflex peuvent être configurés pour mémoriser des JPG, ou des RAW, ou les 2 en même temps.

Dring, les voilà, je file.

Il est 22h, i'm back.

Quelle super journée ! C'était vraiment incroyable, j'ai adoré découvrir Bombay avec eux, de les avoir comme guide, c'est tellement plus sympa que de se promener seul avec soi-même, son ombre et son silence... En plus ils étaient en voiture, ça nous a évité de perdre du temps et des litres de sueur.

Nous avons visité la place de la Gateway of India, visible sur la photo. C'est un monument commémoratif de la venue en 1911 du roi Georges V et de son épouse, et du Taj Mahal Hotel, un des plus vieux et prestigieux hotels de Bombay.

L'occasion d'enfin me montrer en photo en Inde ! J'ai essayé d'expliquer à une passante le type de vue que je voulais au ras du sol en contre-plongée, mais ce n'était décidément pas facile à faire, sans compter que ça impliquait une correction d'exposition que je n'ai pas pensé à pré-régler, du coup la photo était totalement surexposée. Je sauvé les pots cassés avec un violent travaille de retouche et un petit passage en noir-et-blanc.

Nous sommes restés là bas un moment puis nous avons été nous poser sur une plage grouillante de monde pour prendre un pique-nique à l'indienne, c'était vraiment très sympa, j'ai adoré. Il y avait des manèges pour enfant, une sorte de bateau pirate, une mini roue verticale et une autre horizontale. Au bout d'une bonne heure que nous étions là bas, je regarde plus attentivement... et j'explose de rire ! Je viens de réaliser que ce sont des manèges manuels, il y a un type a côté de chaque manège pour le pousser à la force des bras. Balèze Blaise !

Au retour nous avons été voir l'équivalent de la promenade des anglais de Bombay. Il y avait une exposition de rues sur Ghandi très intéressante. Puis nous avons fait un tour en calèche... funny !

J'ai aussi fait la connaissance de la police. A deux reprises... Ils sont au taquet ! Premier motif, le père a grillé un feu. Second motif : il a des bandes noires sur ses vitres, une bande en haut et une bande en bas, pour éviter le soleil. Sauf que c'est interdit à Bombay, pour faciliter l'identification des terroristes. J'hallucine, pendant qu'on est arrêté, on se fait doubler par une trentaine de bagnoles aux vitres totalement noires...  Je constate après coup que la moitié des voitures privatives ont des vitres noires... C'est d'une stupidité.

Bon, heureusement, ces amandes ne sont qu'à 100 roupies chacune, ce qui reste acceptable. Décidément on en fait des choses avec une centaine de roupies en inde : un McDo, une amande pour excès de noirceur de vitre, 1h de Wifi dans un motel de luxe, ou encore 500 km en train...

J'ai pris quelques photos, des vidéos de la folie des routes aussi. J'ai vu à quelle point le sud regorgeait de jolis bâtiments, que je suppose dater de l'époque coloniale anglaise d'avant l'indépendance de 1947, vu leur style et leur vieillesse apparente.

Sur le retour vers l'hôtel, mes amis me félicitent : je parle beaucoup mieux anglais qu'il y a 3 jours, et je comprends beaucoup mieux ce qu'ils disent, on peut avoir des conversations variées... je ne m'en étais pas aperçu mais effectivement je me sens beaucoup plus à l'aise avec l'anglais. Cela me fait énormément plaisir. Mais est-ce parce que j'ai fait des progrès, ou juste parce que j'arrive à décrypter leur accent et le reproduire à peu prêt ?

J'arrive même enfin à comprendre la moyenne sœur, ce qui n'était pas une mince affaire, au début j'avais l'impression qu'elle parlait avec une chaussette planquée sous la langue, je ne comprenais pas un traitre mot de ce qu'elle me disait ! Tandis qu'aujourd'hui on a réussi à discuter un peu. Plus sérieusement j'ai l'impression qu'ils ont un peu le même accent en anglais que quand nous français imitons les serveurs de restaurant chinois : en divisant le nombre de consonnes de l'alphabet par 2 ! ;-) Quand j'essayais de prononcer les R ou les TH à peu prêt à l'anglaise, ils ne me comprenaient pas. J'ai remplacé mes R par des L et mes TH par des T ou des D en fonction des mots, et tout est rentré dans l'ordre. Par exemple, pour faire comprendre "comfortable", ils faut que je dise quelque chose comme "cun'foltééébeul", et "three" devient "tli", qui n'a du coup plus aucune différence avec "tree". Pfiou...

Pour finir la journée, c'est décidé : je veux tout bloguer tout le mariage, donc au moins jusqu'à hier ! Il est 23.30, les textes sont tous prêts mais pas les photos : vais-je réussir à choisir une photo par jour parmi les quelques 1000 photos du mariage ?

J'ai discuté vite fait avec Sandrine l'autre jour, je lui faisais part de mon envie de mettre plusieurs photos, elle me disait d'envisager Entretoile... Finalement j'ai une autre idée qui mettra un peu de temps à être en place. En attendant, j'ai découpé les journées du mariage en différents événements avec un billet par événement. Ce n'est que justice, puisqu'ils s'amusent à faire tenir en une seule journée l'équivalent de 12 journées entières, ça mérite bien 12 billets.

samedi 29 janvier 2011

29. Churchgate


Hier soir quand je les ai quitté, ils m'ont parlé d'un film où un étranger débarquait en inde, que les gens étaient d'abord méfiants, mais que finalement il était accepté comme un indien, car l'étranger partageait tout avec l'inde, et pour eux je suis cet étranger, comme si j'étais connecté à eux depuis de longues années. J'ai été intégré aux cérémonies familiales, les 3 soeurs de la famille m'ont dit que c'était normal puisque j'étais leur frère, cela m'a fait très plaisir !

Ceci me fait repenser à une réflexion que j'ai eu à propos de l'anglais.

On parle souvent de la barrière des langues, et jusqu'à maintenant je percevais justement ma nullité en anglais comme une barrière. Mais je réalise qu'en fin de compte c'est peut-être l'inverse qui se produit.

J'ai l'impression qu'en baragouinant de l'anglais incertain, je n'ai pas l'occasion de réellement donner la démonstration de qui je suis, de ce que je pense, mais cela veut également dire que je n'ai pas non plus l'occasion d'exaspérer ou rebuter mes interlocuteurs en exposant trop clairement des avis ou des oppositions que je suis incapable de formuler en anglais. Et une "faute culturelle" dans ce que je dis ou fait sera juste vu comme une maladresse du à la méconnaissance, donc pardonné.

Mais qu'en serait-il si je parlais parfaitement anglais ? Ils auraient une image plus précise de qui je suis et de ce que je pense, tout comme moi pour eux. S'en suivrait à mon avis l'inévitable risque que finalement, certains d'entre eux ne m'apprécient plus autant que cela, et peut-être pareil moi vis-à-vis d'eux... :s

Après ces quelques jours passés en leur compagnie, j'ai réalisé que ce mythe de la prétendue barrière des langues m'apparaissait plus comme un filtre enjolivant la réalité. Et dans le fond... c'est peut-être pas plus mal ?

Fin de l'aparté, je reviens sur ma journée !

Je voulais me réveiller tôt pour profiter du breakfast inclus, mais j'avais tellement de retard dans mon sommeil que j'ai coupé mon réveil sans m'en rendre compte. Je me réveille à 11h, le temps de me préparer je me fais harceler par la réception qui me rappelle que le check-out est à 12h. Je sors à 12h accompagné de mes bagages, qui sont particulièrement dociles et bienveillantes à mon égard aujourd'hui.

J'aimerais visiter le centre commercial juste à côté, le problème c'est que j'ai mes bagages avec moi, ce n'est pas très pratique car je peux pas rentrer dans les magasins avec. Il y a des "bagages counter" un peu partout dans le centre pour confier des achats de course avant de rentrer dans un nouveau magasin, mais ils ne m'inspirent aucune confiance. Ce n'est pas un sac avec un teeshirt que je laisse, ce sont des bagages de touriste étrangé avec plusieurs milliers d'euros de matos photo et d'ordi, pas question de prendre le moindre risque. Tant pis, je me contente d'un rapide tour, en espérant tomber sur des restaurants. Au 3eme étage, mes souhaits sont exaucés : bingo, et même alleluja : Pizza Hut, Subway, McDonald's ! Youhou !!!

D'abord tenté par une pizza je décide de tester le McDo. Le menu Mc Chicken / Frites / Coca est à 113 roupies, soit environ 1.8 €. C'est donné pour moi, mais pas tant que ça pour les locaux.

Vous allez penser, quelle idée d'aller se jeter dans les bras de Ronald McDonald alors qu'il doit y avoir tant de super restaurants locaux et abordables dans le coin... oui, j'aurai dit pareil il y a 3 jours... mais j'ai réalisé que faire une croix sur ce que j'ai l'habitude de manger était une des choses les plus difficiles de mon voyage. Thierry, raffolant de la viande rouge et du poisson, des pizzas et de la junk food, du bon vin, et qui se fait une omelette au bacon ou de chocolat chaud avec des tartines de confitures un matin sur deux, ce Thierry cela fait 3 jours qu'il mange végétalien, ultra épicé ou ultra sucré  (je crois que c'est le pire) et qui boit uniquement de l'eau : il a adoré tout ce qu'il a mangé mais là il en a maaaaarre !

C'est un détail mais ça m'inquiète sur mes capacités d'adaptation, j'espèrais pouvoir partir un jour en baroudeur dans un pays exotique, me débrouiller avec juste un sac à dos... Si je n'arrive pas à me passer de la nourriture française, je suis cuit !

Une fois rassasié je tente de prendre un taxi. Problème, je n'en vois aucun, et les rickshaw ne veulent pas m'emmener aussi loin.

Une passante me conseille de tenter ma chance par le train. Quelle bonne idée ! J'ai une image des trains de pays pauvres ou émargeants qui n'est pas très reluisante, j'ai envie de confronter cette image à la réalité.

Je prends un billet pour Churchgate, le terminus en plein centre historique de Bombay sud : 9 roupies, soit... 14 centimes. J'hallucine, un voyage d'une 60aine de kilomètres en ile-defrance c'est combien, dans les 6 à 8 euros ? Il y a aussi des tarifs première classe à plus de 100 roupies, c'est parfaitement dans mes cordes, mais j'ai envie de voir le vrai train, pas celui des favorisés, je ne suis pas là pour péter dans la soie... ça c'est prévu pour l'hôtel de luxe qui m'attends dans le centre :p

Je me laisse guider par les gens pour trouver le bon quai, ils m'aident avec plaisir. Je monte dans le train qui ne tarde pas à arriver, et j'admire. C'est totalement pourri, un espèce de vieux coucou en métal crasseux avec des sièges en bois. Les wagons n'ont pas de portes, ce qui encourage les jeunes à rester suspendu à l'extérieur du train pendant qu'il roule, et ce des 2 côtés du wagon.

Je réalise tout à coup qu'il ne faut pas toujours se fier aux apparences car sur un aspect, ce train s'avérera bien plus confortable que les trains et métros franciliens non climatisés, autrement dit une large majorité : le plafond est truffé de ventilateurs ! Pas des trucs discrets et intégrés, carrément des têtes de ventilateurs ronds comme on les connait, et qui sont greffés au plafond par leur pied, comme s'ils avaient été vissés consciencieusement les uns après les autres. Résultat on respire, ça ne pue pas : je suis bluffé par la simplicité de cette astuce.

Je reste un moment debout mais une personne agée me fait un peu de place et me fait signe de venir m'asseoir. Je m'exécute. Nous discutons avec pas mal de difficulté. J'ai remarqué avec la famille de Deepali que plus les gens sont âgés, moins je comprends leur anglais. Je lui explique que je suis là pour un mariage et que je vais maintenant visiter le sud. Il me demande où je sors, et m'explique que j'ai un changement à faire pour y arriver. Oops, je ne savais pas, j'ai bien fait de discuter avec lui ! Il me dit où sortir.

Une fois arrivé là bas, un des indiens qui était à côté et écoutait notre conversation, descend également et se propose de me montrer le chemin. Encore un bon coup de chance, car la gare grouillait de quais sans indication de directions (ou en indien, ou des index sans directions...)

Là j'assite à ce que je pensais ne pas être possible, et qui me rassure totalement sur le métro parisien : tout le monde se précipite stupidement (le mot est vraiment très faible) pour monter sans laisser descendre les autres, c'est une véritable bataille pour ceux qui veulent sortir, ils forcent vraiment dans les deux sens comme s'ils jouaient au jeu de la corde, mais dans le sens inverse. J'hallucine totalement, j'ai l'impression d'être dans un troupeaux de gourgandines fonçant vers Tokyo Hotel - ou je ne sais quels autres chanteurs prépubères à la mode en ce moment - pour espérer avoir un autographe de leur idole, c'est du délire absolu.

Je monte tant bien que mal sans perdre mes bagages, et constate que ce train-ci fait nettement moins vieux et sale que le premier. Cela plus la quantité de gens en chemise, je sens que nous nous rapprochons des beaux quartiers.

Le temps d'arriver jusqu'au terminus, je réalise que les indiens sont décidément très sympas quand on prend la peine de les considérer. J'ai remarqué au contact de la famille de Deepali et de celle des conducteurs de taxi que des indiens qui ne se connaissent pas et qui s'interpellent entre eux le font de manière un peu rude, et j'ai bien l'impression qu'ils n'utilisent pas de formules de politesse. Je réalise que mon expérience dans le train me confirme ce que je pensais, qu'avec un peu de politesse les gens peuvent être très chaleureux !

Utopiste ? Constat probablement biaisé par le fait que je suis le seul occidental de la région et doublé d'une tête de touriste, me direz-vous ! Probablement... mais je veux y croire. Suis-je plus sympa à Paris avec des touristes étrangers qu'avec des parisiens ? Je ne crois pas, je m'applique à aider tous ceux qui me demandent de l'aide, et si dans le métro ce sont surtout des étrangers qui sont perdus, en surface ce sont plutôt des français sans smartphone qui cherchent leur rue.

J'arrive sans encombre au terminus. Je pars à la recherche de mon nouvel hôtel que j'ai feignantisement, euhh pardon, astucieusement choisi pas trop loin de la station de train. Mais où... Je demande aux gens où se trouve mon hotel, et l'affaire est reglée en 5 minutes.

On est dans le milieu de l'après midi, je suis fatigué, je décide de me reposer un peu et de partir à l'Alliance Française ensuite, histoire de récolter un peu de documentation touristique en français.

L'hotel est plutôt sympa mais j'ai le sentiment de m'être fait arnaquer, au dernier moment on me change le numéro de ma chambre et je me retrouve dans une chambre dont la réfection de la salle de bain n'est pas terminé : il manque le faux plafond avec l'extracteur d'air, et le mur du miroir n'est pas terminé. J'hésite sur quoi faire, et je me dis que je verrais cela plus tard car ce n'est absolument pas gênant. Si je proteste, ce sera juste pour le principe de ne pas laisser planer ce sentiment d'être le pigeon de service.

A coté de cela la salle de bain est très moderne, avec par exemple une douche en plafonnier comme celle que j'ai choisi dans mon appartement parisien, un espèce de marbre très joli aux murs, une douche à l'italienne, et... une douchette à côté des toilettes, un peu comme celle d'une douche mais avec une gachette.

Rapide retour en arrière. Quand j'ai vu l'installation d'eau chaude des parents de Deepali, je me suis dit qu'ils étaient sur la bonne voie, mais qu'on avait quand même quelque chose comme 30 ou 40 ans d'avance question electroménager.

C'était un chauffe-eau très bizarre qui ressemblait à un agrandisseur de photo de l'entre-2-guerres, qui balance des décharges quand on y touche et qui laisse couler un mince filet d'eau bouillante qu'il faut refroidir en réglant la quantité d'eau froide qui passe avec, ce qui du coup augmente le débit. Le tout est collé le long du mur et coule très lentement : un grand saut recueille l'eau, et un petit sert à prendre l'eau pour se la verser sur la tête. Ca marche assez bien ceci dit, et je me dis que cela doit économiser 10 fois plus l'eau que nos douches. Le tout est placé dans une grande pièce avec évacuation d'eau, comme une sorte de grande douche.

Quand j'ai vu la douchette juste à côté des toilettes de cet hôtel, je me suis dit, décidément ils sont à fond les indiens ! En plus l'eau est chaude. J'imagine à quel point ça doit remplacer astucieusement le robinet d'eau froide et le seau que j'ai vu chez les parents...

Du coup je me suis dit... ne serait-il pas temps d'essayer le mode de vie local ? Allez, je teste !

Verdict ? Waouuhh ! C'est génial. C'est décidé, dans mon prochain appart je veux un truc comme ça, ou mieux, des toilettes japonaises automatiques ! :p

J'ai réalisé qu'en fin de compte, un indien moderne en vadrouille dans la ville de Paris (toute ressemblance avec un quelconque film serait purement fortuite) équipé de la sorte chez lui, trouverait nos toilettes totalement has been. Accessoirement la douchette fait office de balayette, ce qui rend nos pauvres balayettes à chiottes totalement ringardes et médiévales. Si on m'avait dit avant de partir en Inde que j'allais y rencontrer une révolution hygiénique, je crois que j'en serai mort de rire... comme quoi il ne faut jamais préjuger de rien.

Je fais un somme et me réveille un peu tard : tant pis pour l'Alliance Française, je descends à la réception pour attraper le signal WiFi gratuit et je m'occupe de mes mails.

Je peux avoir le WiFi en chambre mais c'est payant. Sauf qu'avec des forfaits d'1h à 111 roupies l'heure ça fait le même prix qu'un menu McDo, et rien que pour ça je me dis que je peux m'en passer et me contenter de descendre à l'office quand j'ai besoin du net. C'est aussi une manière de me forcer à ne pas y passer ma vie : je prépare mes textes et autres mails à l'avance et je descend pour synchroniser, puis je passe à autres choses.

Je prends mon repas au restaurant de l'hotel, en essayant de trouver quelque chose sans sauce. Peine perdue, le poulet au beurre que je crois avoir commandé baigne dans une sauce orange et spicy qui doit être absolument adorable quand on a mangé français pendant 3 semaines avant, mais qui m'épouvante totalement maintenant que j'ai une subite envie de simplicité. J'essaye de demander du riz pour aller avec, ils n'ont pas de riz tout simple, ce sont des plats à base de riz. Bon... Adjugé. Et je prends un Fanta !!! Ahhhhhh un Fantaaaaaa, aaaaaaah ! Allez un 2ème. Il n'a pas le même gout et la meme couleur qu'en France, mais il n'est pas mauvais.

Fin de la journée, je vais passer ma première nuit sans moustique, quant à la clim elle est franchement bienvenue. Je constate que le bruit de l'appareil ne me dérange pas, point sur lequel je n'avais jamais pu être fixé avant, car de mémoire je n'avais jamais dormi dans une pièce climatisée.

Information des plus intéressantes pour moi car je suis maintenant fixé sur un point : s'il advenait qu'un jour j'envisage de climatiser mon appartement parisien, où la rue est particulièrement bruyante les nuits d'été au point de m'empêcher de dormir les fenêtres ouvertes, je sais maintenant que la clim ne m'empêchera pas de dormir ! Youhou !

A vrai dire je ne suis pas pressé d'avoir la clim à Paris, car je veux une solution qui ne se voit pas extérieurement, je ne sais pas si ça existe mais je me dis que plus le temps passe, plus les ingénieurs du froid doivent inventer des solutions de plus en plus discrètes et silencieuses. Bombay grouille d'immeubles défigurés par ces verrues infâmes que sont les extracteurs de climatisation, c'est vraiment désolant.

vendredi 28 janvier 2011

28.5. Mariée bleue


J'enfile le costume que j'avais prévu pour ce dernier événement. Je crains qu'il soit trop sombre pour un mariage mais je vois que les cousins sont aussi habillés en sombre, me voilà rassuré.

Je ne sais pas trop pourquoi mon noeud de cravate leur plait, (celui que j'ai appris à faire grâce à Youtube la semaine dernière pour le mariage de Xavier :p) donc je fais le même au grand père, puis nous partons à nouveau, direction... vous avez deviné ? Toujours le même endroit !

L'estrade a été complètement réaménagée pour l'occasion, j'apprendrais plus tard que toutes les fleurs ont été démontés une à une et replacées différemment, ça sent le travail intense pendant notre heure d'absence !

Cette soirée est pour tous les invités, et consiste pour les mariés à se faire photographier à tour de rôle par tout le monde. Je prends un peu de repos photographique en laissant mister parapluie-flash travailler, je me contente de quelques photos avec la famille et les gens que je connais. Sur la photo de gauche à droite, les 2 soeurs, le marié, la mariée, les parents de la mariée.

Je file profiter du buffet chaud. C'est surchargé de monde, je dirais bien le double de cet après midi !

La plus longue journée de mariage de ma vie... 3 cérémonies, 3 changements de vêtements pour la mariée comme pour moi, des tonnes d'invité, et des tonnes de photos : je suis épuisééééé !

C'est la fin de la journée, je fais mes adieux à Deepali et son mari Nimesh, et je rentre avec la famille.

Je fais mes adieux à la famille, ils insistent pour que je reste, mais je veux absolument me rapprocher du centre touristique maintenant que le mariage est terminé, et je veux aussi avoir du WiFi pour me reconnecter au monde le temps de quelques mails, appels, voir pourquoi pas des appels FaceTime ? C'est gratuit.

Son père m'emmène en voiture à un hotel de Mulund où je vais passer la nuit.

Je me sens comme après une journée à Disney passée à faire la queue : totalement épuisé, incapable de tenir trop longtemps sur mes jambes.

Manque de chance pour moi il y a un ou deux moustiques qui ont réussi à s'infiltrer. Tu m'étonnes John, l'installation du climatiseur est faite à l'ancienne, l'appareil remplace un morceau de mur, cela laisse pas mal d'ouverture à tous les insectes qui ont envie d'entrer...

Finalement je vais rapidement dormir, FaceTime c'est qu'à moitié pratique : si la personne qu'on tente d'appeler n'est pas sous couverture WiFi, bin ça marche pas ! :s

28.4. Mariée blanche et rouge



Il est 14.30, la cérémonie va pouvoir commencer. Époux et épouses prennent place sur l'estrade, rejoints par les parents de la mariée, les témoins, et le prêtre. Les mariés sont reliés l'un à l'autre par leurs écharpes nouées ensemble ainsi que des cordons qui forment comme un grand collier. S'en suit un échange de bijoux, puis un étrange partage de nourriture : le père de la marié donne à manger au père du marié, et réciproquement, puis pareil pour les mères. Tous les membres de la famille défilent pour bénir les mariés. Puis un petit feu est apporté au centre de l'estrade. Les mariés y jettent une série d'épices, de poudres, ce qui ressemble à des offrandes. Les mariés tournent plusieurs autour du feu. A un moment, les 2 cousins facétieux de la mariée se jettent sur les pieds du marié et l'immobilisent un long moment. L'époux réussira à les encourager à partir en les flattant comme des toutous, ce qui fait rire tout le monde. Oui c'est plutôt drôle comme mariage !

S'ensuit une nouvelle série d'échanges de biscuits entre les époux, de jeu avec les pieds en poussant des petits cailloux... Je ne comprends absolument pas ce qui se passe, ce qui m'amuse beaucoup !

Vers 15.30 la cérémonie est terminé, démarre alors une séance de photos. Je fais quelques photos avec les membres de la famille puis je file manger. C'est un buffet chaud avec des tables et des chaises éparpillées par ci par là, beaucoup de gens mangent debout. Une table en U est aménagée pour les mariés et leur famille, ce qui ira très vite, guère plus d'une demi-heure.

C'est assez curieux comme déroulement du repas. Visiblement l'attention n'est pas portée aux repas ni plus aux cérémonies, et pour preuve, des gens ont commencé à manger bien avant la fin de la cérémonie et ont terminé quand les mariés sont arrivés. Ou encore... on peut avoir l'impression que je prends les photos debout, entre le public et l'estrade ? C'est le cas, la rangée de caméramans et photographes que nous sommes doivent totalement masquer la vue du public. J'avais interrogé Deepali sur ce point avant d'arriver en Inde, donc je fais pareil sans me sentir trop trop gêné.

Je suis les nouveaux époux dans les loges pour une séance de photo décontractée. A un moment Deepali demande à ses sœurs de se retourner, elle veut que je les prenne en photo en train de s'embrasser ! Je réalise que je n'ai vu personne s'embrasser jusqu'à maintenant. Face à ma curiosité, elle m'expliquera que les gens ne s'embrassent pas en public en inde, et que même devant ses sœurs ce n'est pas possible. Je comprends mieux. Cela me fait d'autant plus bizarre d'assister à ces instants interdits, et plus encore de les photographier !

Durant cette séance photo nous rigolons beaucoup. Deepali m'annonce qu'elle va bientôt y aller donc qu'elle ne doit pas être joyeuse, il doit sembler triste car elle quitte sa famille. Cela semble l'amuser autant elle que ses sœurs, je réalise à quel point leurs mariages sont protocolaires. Une fois traversé le couloir qui sépare la loge de la salle, c'est une Deepali en larme qui dit au revoir à chaque membre de sa famille, avant de quitter la salle.

Définitivement ? Mais non voyons.

Les mariés prennent place dans la voiture, puis le prêtre et la mère de la mariée viennent répandre des poudres sur les roues avant de la voiture. Le prêtre pré-casse des noix de coco qu'ils placent sous chaque roue, un peu comme on le ferait avec un œuf. La voiture démarre, avance et casse les noix avant de s'éloigner... pour revenir 30 secondes après. La mariée est maintenant totalement souriante et joyeuse !

Nous rentrons à nouveau chez les parents nous changer pour le repas du soir, en abandonnant une fois de plus la mariée à son habilleuse.

28.3. Rencontre des mariés


Nous rentrons prendre le petit déjeuner et nous changer en vue de la seconde cérémonie. Le père de la mariée me prête pour l'occasion l'une de ses tenues traditionnelles, me voilà devenu un parfait indien !

Je n'attends pas les autres membres de la famille et je retourne là bas, Deepali m'a demandé si je pouvais faire des photos de sa préparation. Dans les rues, tout habillé en indien que je suis, je fais encore plus sensation, et j'imagine assez leur étonnement. Une enfant me demande de quel pays je viens puis s'en va amusée en courant. Le lieu de mariage est juste à côté d'une école et pour rejoindre les loges de la mariée il faut passer par un couloir qui donne sur la cour, les écoliers sont fou-fou, je ne dois pas trop m'attarder quand je traverse si je veux éviter l'attroupement. J'ai l'impression d'être Tigrou se balladant à DisneyLand ! Oui Tigrou et pas un autre, parce que bon... Frère Tuk ou l'autre espèce de singe au cul rouge, niveau succès ils repasseront !

Arrivé sur place, l'habilleuse ne veut pas qu'un homme assiste à l'habillement. Bon, j'en profite pour piquer un somme sur l'un des canapés !

Et finalement, vers 11:30 la mariée est prête ! Le photographe officiel me voit rentrer dans la loge alors il tente de me suivre, mais elle le refoule, j'en déduis qu'elle a des idées de photos qu'elle n'imagine pas demander au photographe. Effectivement, elle me demande des photos de ses pieds, de ses chaussures seules, ou encore d'elle en tenue de mariée mais avec mes baskets, en mimant qu'elle s'enfuit de son mariage. On rigole beaucoup !

Mais l'absence du caméraman qui accompagne le photographe est à double tranchant, je n'ai pas son halogène pour éclairer la scène. Je suis pour le coup très déçu du résultat, il me vient en voyant ces photos plein d'idées de mises en scène qui auraient été beaucoup plus intéressantes. Tant pis. Pour le mariage de la petite soeur peut-être ? :p

Je quitte les loges car la cérémonie va commencer. En effet toute la famille est arrivée ainsi que bon nombre d'invités. Je repère dans le lot un nouveau couple de photographe / caméraman, probablement ceux du marié. Ils ont l'air plus modernement équipés, mais ne rivalisent toujours pas avec le D700 de Pierre. Ceci dit, niveau éclairage on peut dire qu'ils assurent un max : studio portatif, parapluie flash, c'est du bonheur !

Le photographe retourne la tête de son cobra vers le parapluie flash, ce qui lui permet de le déclencher à distance et profiter de son énorme potentiel.  Si seulement j'avais eu ne serait-ce qu'un miroir pour réflecter le flash intégré du D700 derrière moi, j'aurai pu utiliser le parapluie flash, mais je n'ai malheureusement ni l'un ni l'autre, je suis tellement déçu.

Tout le monde rejoint la rue au pas de course, je les suis benoitement sans comprendre. J'entends au loin une fanfare, je me demande ce qu'ils peuvent bien célebrer : la fête nationale de l'Inde, c'était avant-hier. Je réalise bien rapidement que cette fanfare est là pour le mariage. La famille et les invités se placent derrière, se mettent à danser, puis le cortège avance lentement jusqu'à devant la salle. C'est tellement festif, c'est vraiment génial. Les rickshaw déboulent dans tous les sens, ça klaxonne en pagaille, c'est un beau bazar qui participe à l'ambiance !

Tout à coup les 2 cousins se jettent sur le marié puis s'éloignent en se battant pour je ne sais quoi, après 30 secondes de mêlé l'un des deux exhibe fièrement une babouche du futur époux. Il ramasse une liasse de billets de 10 roupies et les disperse aux quatre-vents. Bon, 10 roupies ça fait 16 centimes d'euro ;)

La famille de la mariée retourne à l'intérieur et fait un pont pour accueillir la marie, qui arrive du fond de la salle et rejoint l'entrée. Elle tient un collier de fleurs à la main et s'approche lentement de son mari, qui lui se tient debout sur un petit tabouret, à l'entrée de la salle. Subitement elle se jette sur lui pour lui passer le collier au cou, mais les témoins sont plus réactifs et le soulève pour l'éloigner d'elle ! Je suis un peu loin pour comprendre ce qui se passe, mais après de longues négociations la mariée est soulevée à son tour pour pouvoir passer la couronne de fleurs autour du cou du marié. Décidément, c'est très amusant un mariage indien !

Voilà les futurs époux enfin réunis ! C'est ce que montre la photo.

Mais ce n'est pas fini, maintenant c'est au tour de la maman de la mariée de tenter de mettre un produit sur le visage du marié, le marié qui se protège à l'aide d'une serviette, aidé en cela par des témoins. Elle y arrive finalement et tout le monde entre s'installer.

28.2. Mariée verte


Nous arrivons dans une salle de réception spécialement faite pour les mariages à une dizaine de minutes de l'appartement. L'estrade est aménagé en une sorte de temple pour la première cérémonie religieuse. Je comprendrais plus tard que tout sur cette estrade est éphémère, les employés du lieu démonteront intégralement le décor, fleur par fleur, pour en installer un second le soir même.

Tout un tas de ce qui ressemble à des offrandes est disposé sur une espèce de table basse. Tout autour, la future mariée, son père et sa mère, ainsi que le prêtre. Ils ne parlent pas spécialement pour s'adresser à tout le monde, ils déroulent tout un rituel avec les offrandes, des bâtons, des poudres. C'est peut être moins instructif, paraboliquement parlant (?), qu'un prêtre catholique qui lit la bible pendant des lustres, mais c'est nettement plus divertissant. Vers la fin les membres de la famille montent sur scène pour bénir la mariée. Je suis convié en tant que membre honoraire de la famille à participer à cet instant en bénissant à mon tour la mariée, ce qui me rend très heureux. J'ai droit à mon point rouge au riz sur le front donné par le prêtre. L'une des soeurs me demandera plus tard si cela ne m'a pas dérangé pour des raisons religieuses, je la rassure sans hésiter ! Ce n'est pas comme si je me considérais comme ultra croyant de ma religion...

La cérémonie dure un peu moins d'une heure, puis nous laissons la mariée entre les mains de sa demoiselle d'honneur qui vient d'arriver et qui va s'occuper d'habiller et maquiller la mariée.

Sur la photo, Deepali et ses parents et le prêtre. J'ai pas pris la bonne ouverture d'objectif, abandonnant ainsi Deepali dans un flou pas très sympa...

28.1. Le grand départ



On se lève à 5h30, rapide douche avant le premier événement.

La future mariée quitte la maison familiale, ce qui est l'occasion de tout un cérémoniel. Tout le monde fait une prière, la mariée porte une noix de coco dont j'ai oublié la signification, puis c'est le grand départ.

Je me souviens qu'ils portent une grande considération pour la noix de coco, le père m'expliquait par exemple que la noix de coco créait de l'eau et que c'était la plus pure au monde. Personnellement je fais plus confiance aux sources des Alpes filtrées par des tonnes de montagnes antédiluviennes, mais j'imagine qu'on a tous nos références, son point de vue se défend !

jeudi 27 janvier 2011

27. Tatoos


Le lendemain matin voit commencer pour la mariée la séance de tatouage. Ils utilisent une espèce de peinture épaisse marron qui marque la peau pendant une quinzaine de jours, un tatouage qui prends une coloration orange à leur peau une fois la peinture sèche et enlevée. Pour chaque occasion un peu spéciale les femmes et nettement plus rarement les hommes se tatouent ainsi les mains, les doigts, parfois les bras.

Celui de la mariée est plus spéciale, puisqu'il recouvre l'intégralité des 2 mains, bras, et une partie de l'avant bras, ainsi que l'intégralité des pieds - plante exceptée - avec une partie des jambes. Quelque part sur le tatouage est écrit en tout petit le prénom du futur époux, le jeu pour le marié étant de le retrouver pour vérifier qu'il est bien le bon mari.

Ces tatouages ainsi que ceux de la mariée n'ont pas de signification religieuses, ce sont juste des habitudes culturelles, donc ils les portent un peu comme les bijoux.

Elle me dit que cela va durer 4h, mais avec les pauses on les dépasse très facilement.

Je profite du répis pour photographier les gens, l'avancement des tatouages, les amies de la petite soeur qui sont de passage. Je vide les cartes dans mon macbook, je tape mon texte de blog d'hier...

Je me lance aussi dans un petit somme réparateur, comme à peu prêt tout le monde dans l'appart. Cela fait du bien, d'autant plus que la nuit de ce soir sera courte, avec un réveil vers 5h30, donc autant prendre de l'avance. Globalement ils font de courtes nuits mais se rattrapent avec les siestes, un principe qui me convient bien et que je rêve d'un jour voir appliqué dans le monde de l'entreprise comme il est parait-il coutume de faire au japon.

Journée productive en somme !

En regardant les photos, je réalise que c'est frustrant d'avoir un oeil qui se développe pour la photo, et je fais un parallèle avec les cours de Mle Perez : après 2 ans de cours de cinéma, plus moyen de voir un film sans penser aux mécanismes en action, sans chercher à décrypter les intentions du réalisateur, ce qui dans le fond m'agaçait. J'avais mis des années à me défaire de cette manie qui me donnait l'impression de ne plus me contenter d'apprécier passivement les films.

Du côté de la photo, cela me fait exactement pareil, je vois toute la catastrophe provoquée par le flash intégré au D700, les ombres dures portées, l'hérésie du flash intégré dans une photo en orientation portrait, la difficulté de doser le flash, les problèmes de couleur et tout le tintsouin... mes hôtes trouvent les photos magnifiques, mais je ne suis pas super emballé par la grande majorité des photos, surtout celles du soir. Je sais qu'un looong travail m'attends dans mon labo de développement préféré, le logiciel Aperture d'Apple. Je me console en me disant qu'après tri, il y en aura quand même des sympas.

Je suis sûr qu'une photo pleine de défauts ne m'aurait pas choqué le moins du monde il y a 4 ans, mais maintenant je ne vois plus que cela. Quand je regarde des photos que j'aimais bien, prises il y a quelques années, je réalise qu'elles étaient pleines de défauts. Cela a un coté agaçant mais dans le fond je sais que c'est positif, cela me rend plus perfectionniste. Comme le veut l'adage, c'est en tombant qu'on apprend à marcher.

Le problème c'est que je ne suis pas en train de faire des photos de vacances pour moi, je suis en train de photographier le mariage pour Deepali, et à mes yeux cela change tout, il y a une notion très forte de responsabilité qui entre en jeu. Pour certaines occasions il y a le photographe officiel dont la présence a un côté rassurant, mais quand il n'est pas là, je dois assurer.

Allez ! Ne pas y penser. En fait, j'ajouterai que c'est pas spécialement déplaisant : c'est une prise de risque qui a un côté grisant comme je les aime, un peu comme quand je change de poste au travail sans rien connaître du nouveau : le stress de faire n'importe quoi mais l'envie de bien faire en étant toujours prêt à plonger sans filet, avec le secret espoir de m'en tirer honorablement tout en apprenant rapidement de mes erreurs pour ne pas les renouveler !

En attendant, et pour aujourd'hui, j'ai un peu déconné, je ne suis pas du tout content de mes photos : problème de mise au point et de décor mal choisis qui rendent toute la série globalement décevante. J'ai choisis celle-ci parce qu'on voyait bien les bras, et comme c'est le sujet de la photo, tant pis pour le flou sur Deepali.

mercredi 26 janvier 2011

26.4. Fiesta !


Petite sieste dans l'après midi, puis le soir nous partons en voiture à travers la ville pour rejoindre une salle de mariage située dans le quartier ouest de Mumbai, "Malad". C'est toujours entre membres de la famille, mais en y ajoutant cette fois-ci celle de Nimesh, le futur époux. Au programme, de la danse traditionnelle et le repas du soir, préparé par un traiteur. Encore un buffet, mais avec des plats chauds cette fois-ci. Vraiment délicieux !

Pour ces différents événements je n'ai pas à porter de tenue particulière, je reste donc en jean et teeshirt. L'éclairage est particulièrement pas génial pour les photos, je crains un véritable désastre. Nous verrons !

J'ai été invité à danser des danses indiennes, ce n'est pas très compliqué mais avec mon sens du rythme légendaire, cela le devient, je me sens totalement idiot :p

Dans tout cela nous avons oublié de booker un hotel pour moi, mais de toute façon toute la famille insiste pour que je reste avec eux plutôt que je me complique la vie à prendre un taxi matin et soir. Le courant passe bien et dans la mesure où nous avons un programme chargé, c'est plus simple que je sois sur place. Je resterai jusqu'à vendredi.

Je rentre avec eux pour dormir. Une nuit très amusante, qui me rappelle les voyages en maternelle : le salon se transforme en dortoir, tous les invités dorment les uns à cotés des autres par terre sur des matelas fins colés les uns aux autres. Ils me réservent le lit 1 place où j'ai dormi la première nuit, qui est également dans le salon, ce qui est sympa.

J'ai dit que je m'étais fait dévorer par les moustiques la veille donc Deepali m'a passé une crème anti-moustique qui marche au poil : je passe une coute mais bonne nuit. Ils ont des moustiquaires sur toutes les fenêtres, le problème c'est qu'ils laissent la porte du balcon ouverte jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher or celle-ci n'a pas de moustiquaire... Autant dire que les moustiquaires sur les fenêtres ne servent à rien !

26.3. Cérémonie familiale de la mariée


Et voici Deepali !

De retour au bercail, et après que tous les invités soient arrivés, la cérémonie familiale peut commencer, ce qui se passera dans le salon. Tous les membres de la famille de la mariée offrent leurs présents à la mariée à tour de rôle. Puis les femmes chantent. Un étrange manège commence alors : les membres de la famille appliquent une crème de beauté sur les joues et les mains de la marié, puis font un point de sur son front avec un liquide rouge et des grains de riz, et enfin ils lui donnent à manger directement dans la bouche un morceau de biscuit. Je n'étais pas de la famille mais j'ai eu l'honneur de participer à la cérémonie, faire le point rouge et nourrir la mariée comme un membre de la famille, aussi leur suis-je très reconnaissant pour cette attention.

J'ai gouté au biscuit, c'était ultra sucré. Je n'imagine même pas le courage qu'il me faudrait pour manger la quantité qu'elle a absorber. J'en déduis très hâtivement que les indiennes diabétiques ne peuvent pas se marier !

Durant cette cérémonie je fais la connaissance du photographe officiel. Il utilise un Nikon D40, ce qui est un vieux réflex moyen de gamme. Je ne trouve pas les mots pour décrire la gêne que j'ai éprouvé en sortant et en utilisant le monstrueux D700 et ses focales à rallonge, ce qui donnait à son D40 un côté jouet. Finalement il n'en est rien, car lui a un flash cobra qui fonctionne. Ce qui n'est pas mon cas, je découvre non sans consternation que le flash cobra SB-28 du kit F100 du père d'Alex que j'ai apporté n'est pas compatible avec le D700 que m'a prêté Pierre. C'est pourtant un flash Nikon mais il est trop vieux, nooooooo !

Je pense qu'il aurai pu marcher en manuel mais c'est un monde que je n'ai pas encore étudié, je ne peux pas me permettre de passer du temps en essais, je ferai donc sans, et suis rassuré que Mr. D40 soit là pour assurer avec son flash cobra. Je sais que le D700 supporte très bien la montée en iso, mais niveau couleur je sais que j'en aurai pour des heures de retouche...

Grosse consolation cependant, le photographe est accompagné d'un cameraman qui a une lampe halogène posé sur sa caméra pour éclairer le plafond : c'est parfait, je profite de sa lumière comme je peux.

Le repas du midi fut riche en nouvelles découvertes, comme pour le matin c'est un buffet, tout est à disposition, les gens prennent une assiette et se débrouillent. Ils ont tous une alimentation végétalienne, en  excluant également des condiment comme les oignons, l'ail, les pommes de terres. Le tout pour motifs religieux ! Ils ne sont pas hindous, mais autre chose dont j'ai oublié l'orthographe... je leur redemanderai.

26.2. Ja Bombay, ich komme !


En posant les pieds sur le sol indien, j'ai fait avancer le temps de 5h30 : me voilà le lendemain ! Avant de faire la connaissance de Deepali il y a maintenant 2 ans, je ne savais pas qu'il existait des décalages d'une demi heure.

Pour commencer je ressens surtout la chaleur, quelque chose comme 25 degrés, j'ai bien fait de ne prendre qu'une veste légère.

A la sortie de l'aéroport je décide de prendre un taxi prépayé, direction Mulund, le quartier Nord de Mumbai où habitent les parents de Deepali. Le prepaid taxi est un concept de taxi qui gagne à être connu : on paye à l'avance dans une agence au sein même de l'aéroport notre voyage, le prix varie en fonction de la destination et non pas du temps. C'est à la fois apaisant et rassurant car j'ai ainsi la garantie de voyager sereinement sans me demander toutes les 30 secondes de quelle façon l'autochtone qui me conduit va essayer d'arnaquer le touriste que je suis, une fois arrivé à destination. Ça c'est pour mon coté parano.

J'ai pris la photo à l'arrache, à l'intérieur du taxi, la qualité laisse fatalement à désirer. J'ai d'autres photos de taxis prises d'autres jours, mais ça n'aurait pas été le miens.

Je ne sais pas ce qu'il en sera de jour, mais le moins que je puisse affirmer des nuits de Mumbai, c'est que la route appartient aux taxis ! J'en croise surtout de 2 types, tout d'abord ces vieilles guimbardes rouillées qui servent de prepaid taxi, sans ceintures, dans un état de délabrement pire que la 2CV qu'on a eu à une époque, et dans laquelle je me fais entrainer à l'autre bout de la ville sans ceinture, mais aussi une quantité impressionnante de "rickshaw", des espèces de voiturettes à 3 roues conduites avec un guidon et qui doit manifestement tourner avec un moteur de scooter.

Et pour vous donner une idée de la "population" des routes la nuit, je dirais que pour 10 rickshaw croisés, je croise 3 motos, 2 taxis, 2 camions et 1 voiture privative. Oh, et quelques tracteurs... Ce n'est pas à Paris qu'on verrait ça ! Je suppose quand même que la nuit n'y est pas pour rien, et que les voitures personnels doivent circuler de jour.

C'est dans ce genre d'occasions que je réalise que le principe du "permis de conduire" doit être une invention occidentale. Tout le monde se croise dans tous les sens, j'ai vu que parfois le sens de circulation n'était pas respecté, les piétons déboulent de partout... et tout ce beau monde klaxonne en quasi permanence : ces rues sont complètement folles !

Les indiens ont également une notion du GPS qui n'appartient qu'à eux : le chauffeur de taxi demande son chemin au fil de l'eau. Il connait vaguement la situation du quartier, et une fois sur place il interpelle les passants tous les 100m pour trouver la bonne rue... et une fois dans la bonne rue il continue à demander son chemin aux gens pour trouver le bon immeuble car il n'y a pas de numéros de rue, ou s'il y en a, ils ne sont pas affichés donc inutiles. Ils utilisent plutôt les noms des immeubles, ce qui n'est pas très pratique à trouver quand on ne connait pas le quartier et que les inscriptions sont quasiment toutes effacées.

Moralité, nous sommes perdus, et après avoir cherché notre chemin pendant une quinzaine de minutes, nous trouvons enfin l'immeuble : nous étions passé devant sans le voir. Si j'avais eu un forfait data international, j'aurai pu sortir mon iPhone et régler ce problème, mais je sais pas si je l'aurai fait, je trouvais cela intéressant de laisser faire avec les moyens du bord ! On peut survivre sans iPhone, je vais le prouver !

Je suis accueilli par Deepali et sa famille : son père, sa mère, et sa petite soeur. Deepali a un mois de plus que moi, et la petite sœur a 21 an. Une autre sœur de 23 ans est partie dormir. Ils sont très accueillants et très sympathiques, je me sens rapidement à l'aide. Ils parlent tous anglais, un anglais avec un accent indien, ce qui est trèèèès perturbant. Nous discutons un long moment puis sur les alentours de 3.30 nous allons dormir.

La première nuit aura été difficile, j'ai été pris pour cible par une armée de moustiques vicieux ! Cela, la chaleur et un ventilateur ultra bruyant qui tourne à fond rendent ma nuit plutôt impossible, et quand le réveil sonnera à 6.30 je n'aurai en tout et pour tout dormi qu'une heure et des poussières... Pour le bruit j'avais pris au cas où des boules Quiès, j'ai été bien inspiré sur ce coup là, dommage que je n'ai pas pensé aux moustiques.

Rude réveil ! Mais je suis rapidement opérationnel. En même temps je n'ai pas le choix, car les invités commencent à arriver et je dors dans le salon :p

Cette journée m'a permis de faire la connaissance de toute la famille proche de Deepali, les cousins et cousines, oncles et tentes, grands parents. Ils sont tous très gentils et curieux de savoir qui je suis, de ce que je fais, ils m'ont tous au moins demandé 3 fois si j'aimais l'inde et si j'aimais la nourriture. Je ne connais pas encore l'inde mais je les rassure sur ce point, car je trouve que l'inde est à voir ne serait-ce que pour la gentillesse des habitants.

Côté habitation, ils habitent un appartement dans un quartier qui semble de prime abord plutôt défavorisé, selon mes critères de parigo la quasi totalité des extérieurs de bâtiments devrait être refait, sans parler des routes en chantier un peu partout, pour autant c'est quand même joli à voir tellement cela fait authentique. L'appart est plutôt agréable, elle ne fait pas très neuve mais elle possède quand même le modernisme que je n'étais pas sûr de trouver : électricité, eau chaude, un ordi avec internet (mais pas de Wifi). Également deux toilettes : des toilettes indiennes à les entendre, mais vous les connaissez plutôt sous le nom de toilettes turques, et des toilettes plus classique. Mais sans papier... il y a un robinet et un seau à la place. Comment peuvent-ils bien s'y prendre... pas trop envie d'y réfléchir ni même d'essayer pour le moment, l'immersion à ses limites, et accessoirement je remercie mon dieu Système-D de m'avoir fait penser à prendre des paquets de mouchoirs.

Je réalise après coup que ce n'est probablement pas un quartier défavorisé mais un quartier de classe moyenne. Toute la famille a fait des hautes études, le père est ingénieur dans le civil, Deepali l'est en informatique, sa moyenne soeur est MBA en management financier, et la dernière est docteur dans le dentaire je crois , il y a une cousine docteur en radiologie, ils ont 2 voitures, le père a été président du Rotary Club de Mulund, bref ils s'en sortent très bien. Ceci dit la petite soeur ayant 21 ans, j'en déduis qu'ils ont pas la même définition du docteur que nous...

Pour le petit déjeuner ils grignotent des snacks : des crackers, qui couvrent à peu prêt toute la palette de gout qu'un piment peu bien apporter à un mets. Ils accompagnent cela de petites crêpes aux épices, des sauces plutôt forte, des chutney de coco, et des piments. En fait, le choix est simple : tout ce qu'ils mangent est sweet or spicy, c'est à dire ultra sucré ou ultra pimenté, visiblement ils ne s'attardent pas sur le juste milieu qui ne doit pas présenter grand intérêt gustatif à leurs yeux. Ceci étant, c'est très bon, je me régale. Je comprends rapidement que je ne vais pas être en mesure de contrôler ce que je mange, notamment ils filtrent l'eau mais est-ce que cela suffira, j'en doute. Comme je veux en profiter, je n'y pense pas.

J'accompagne les sœurs de Deepali et leurs cousins au marché végétal. Comme j'ai oublié mon compact, j'espère pouvoir y retourner avant mon départ. Nous achetons des fruits pour offrir une corbeille à la mariée. Je me sens épié de toutes parts, il faut dire que je n'ai pas croisé un seul occidental (ce qui restera vrai les 3 prochains jours : oui, je lis dans le futur ! Ou alors je poste avec 3 jours de retard, au choix). Je suis à moitié rassuré, et donc content de ne pas avoir le D700 autour du cou et de ne pas être seul, mais je pense que c'est plus une peur idiote qu'autre chose, je n'ai pas l'impression qu'il y ai de risque. La rue grouille d'écoliers lâchés en liberté, les sœurs de Deepali sortent librement et ne semble pas s'inquiéter de quoi que ce soit, deux détails qui donnent à mes yeux une image rassurante des rues, même si les risques pour les étrangers ne sont jamais les même que pour les locaux.

Je confirme ce que je pensais à propos des rues de la ville, il y a quand même beaucoup plus de voitures personnelles en plein jour. Je dirais un bon tiers, le reste étant occupé par tout ce que j'ai cité hier, auquel il faut ajouter les bus.

26.1. Deepali & Nimesh's Wedding - Introduction


Avant de rentrer dans le détail voici déjà le déroulement du mariage, ce qui sera plus facile pour comprendre les messages qui suivront.

  • Mercredi matin : cérémonie familiale de la mariée.
  • Mercredi soir : fête, danse et repas avec les 2 familles des mariés.
  • Jeudi : repos pour les invités, sauf pour la mariée qui se fait tatouer entièrement les bras et les jambes, ce qui lui prends une bonne partie de la journée.
  • Vendredi matin très tôt : une première cérémonie religieuse uniquement avec les membres proches de la famille. Retour à la maison pour petit déjeuner.
  • Vendredi en fin de matinée : la cérémonie religieuse de mariage proprement dite, avec le marié cette fois-ci, et une bonne moitié des invités, un peu comme l'église pour les chrétiens. Puis buffet chaud sur place.
  • Vendredi soir : le repas qui convie tous les invités, pour les photos avec les mariés. A la fin de ce repas la mariée part avec son mari pour une nuit.
  • Samedi soir : la mariée revient à la maison de ses parents pour une nuit.
  • Dimanche : elle retourne définitivement vivre avec son mari, dans la maison des parents du mari. Et ils partent en lune de miel ! Oh, et c'est aussi les 29 ans de Deepali :)
Voilà comment on se retrouve avec un mariage sur 3 jours. Les deux derniers je les cite juste pour boucler la boucle, je ne serai pas là pour le voir !

Eu égard à la longueur de certaines journée, je ne vois pas d'autre solution que de découper certaines d'entre elles en plusieurs billets. L'occasion aussi de m'arrêter sur les différentes robes de la mariée. J'ai décidé que chacune des photos de ces 3 jours impliquera la présence de la marié.

Grâce à Deepali mon projet 365 se transforme en projet 372 :p

mardi 25 janvier 2011

25. Vol AF718


Réveil aux aurores, je m'engouffre dans le RER A direction l'aéroport Charles de Gaulle. C'est hallucinant le monde qui va vers le nord, je ne m'attendais pas à cela ! Je suis écrasé avec mes 2 valises jusqu'au parc des expositions, 2 arrêts avant mon terminus.

Je prévois d'arriver avec de l'avance, mais la RATP en décide autrement : des fumées résiduels de travaux ayant été effectués cette nuit perturbent la circulation. OK...

Arrivé sur place je trouve rapidement mon chemin et expédie les formalités d'un revers de la plante du pied. (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué)

Départ à 10h40. Il y a de la place dans l'avion, je négocie un changement de place au profit d'une rangée où il n'y a personne : je vais me sentir plus serein pour ecrire mes textes de blogs et trier mes photos ! Et oui, j'ai emporté mon MacBook bien sûr. Et il n'y a pas grand chose de plus insupportable pour moi que de me sentir épié par le voisinage quand je m'occupe de mon blog ou de mes photos avec mon portable.

Mais pour commencer, je jette un œil aux écrans intégrés dans les dossiers du Boeing. Il y a des films, des jeux, de la musique...

Je décide de commencer par un film. J'ai quasiment vu toutes les nouveautés disponibles, ce sont des films à l'affiche en ce moment, ce qui me bluff. Je déniche un reportage en anglais sur Jean-Michel Basquiat, dont l'affiche de métro annonçant une exposition en ce moment dans Paris m'avait interpellé. Le reportage était très intéressant, au point de me motiver pour envisager l'expo à mon retour. Trouverais-je le temps...

Fin de reportage, je bascule sur la catégorie "musique" puis "asie" puis... bollywood ! Il est temps de m'abrutir euhh pardon, m'acclimater sagement à la culture.

J'en profite pour commencer la relecture des chapitres "Mariages" des livres de Scott Kelby que j'ai glissé dans ma valise de cabine quand j'ai vu qu'elle était quasiment vide. Quelques règles de base qui loin de se vouloir révolutionnaires, permettant au moins de penser aux bases et de ne pas oublier quelques règles élémentaires de photo particulièrement adaptées aux mariages.

Il est temps pour moi de sortir le mac pour taper le texte de mon blog pour aujourd'hui. Si les billets tardent à arriver sur mon blog, c'est plutôt la faute des photos. Car cette année pour ce nouveau blog, j'ai pris une décision : être le plus possible à jours sur les textes ! Ce qui fait qu'ils sont prêts à être postés à peu près tous les soirs ou le lendemain, ils n'attendent plus que le "développement numérique" des photos pour finir emblogués.

Je pense que c'est ce qui explique qu'en fin de compte je me sens plus bavard que l'an dernier, et que j'ai décidé de ne pas me brider. Je fais de la photo parce que c'est un mode d'expression que j'aime bien, mais je sais que mon attachement premier en terme d'expression est et restera toujours l'écriture. Je trouve la photo moins exigeante en disponibilité et plus immédiate : comme je n'ai pas tout le temps que j'aimerai, et que je suis un peu feignant, c'est à mon avis ce qui m'a poussé vers la photo plutôt que de sérieusement envisager un truc en rapport avec l'écriture. Bref, ce blog est l'occasion d'assouvir 2 passions en même temps, alors pas de bridages :p

On dit toujours qu'une photo parle d'elle meme, qu'elle n'a pas besoin d'etre expliquée. Je suis d'accord et ça tombe bien : je n'explique pas mes photos, je raconte des morceaux de vie en rapport !

Et le responsable de ces textes prêts au jour le jour, vous l'aurez peut-être deviné, c'est l'iPhone ! J'en parlais récemment à Gladys, l'iPhone a transformé mon approche de l'écriture. Depuis cette année, et maintenant que je maitrise le clavier iPhone sur le bout des doigts ce qui me permet de taper quasiment aussi vite que sur un clavier d'ordi, je m'encourage à mettre à profit chaque petit instant inutilisé de mon "temps gâché" en écrivant, et notamment pour le blog.

Il ne faut rien voir de péjoratif dans ce terme de temps gâché, j'y regroupe un peu pèle-mêle tous ces petits instants où je n'ai rien d'autre à faire qu'attendre, et que je mettais auparavant à contribution pour d'autres choses parfois utiles et parfois moins : mes lectures, mes écoutes de podcasts, les jeux sur iPhone, un peu de figuration sur facebook... Autrement dit, dès que je suis dans le métro, dans une salle d'attente ou dans ce type de temps mort, j'en profite : j'ouvre une note iPhone et je me lance ! D'ailleurs ça se ressent, je me sens comme absent de Facebook depuis ce premier janvier... et cela me convient très bien ! Sinon, tout ceci ne m'empêche pas de profiter de temps à autres et réellement ne rien faire, donc gacher du temps volontairement. Mais se reposer l'esprit est-il vraiment du temps gâché ? J'en doute.

Tous mes textes depuis le lancement du blog ont été écrits durant ces temps morts, sur mon iPhone. Enfin, aujourd'hui fera exception : puisque j'ai mon mac, j'ai beau ne pas avoir de prises de courant, j'ai quand même 7h de batterie pour encore 7h de vol, c'est décidé : je repasse au confort du clavier physique du MacBook !

...et finalement ça se voit : je suis encore plus bavard que d'habitude. Moi qui pensait ne plus être bridé par un clavier d'iPhone, je réalise en tapant ces mots que ce n'est peut-être pas si vrai... cependant, la frontière reste ténue entre les 2 mondes, et le principale est d'amorcer le fil conducteurs en iPhone quitte à retoucher en MacBook. Ou alors c'est juste que j'ai 8h devant moi et que ça me laisse le temps d'être bavard. Et de même pas me relire, ce qui fait que je pars dans tous les sens ?

Sans doute ! Alors revenons-en à aujourd'hui ?

J'éprouve des sentiments très curieux. Me voilà en route ou plutôt en vol, dans un partage de sérénité, d'impatience et quand même d'un brin d'inquiétude vis à vis de l'inconnu. D'ailleurs, ma préoccupation à rentabiliser mon temps de vol en ne chômant pas, notamment avec cette session écriture de blog, toute cette agitation ne serait-elle pas qu'une excuse, ou plutôt un moyen pour exorciser mes peurs et m'aider à ne pas penser que dans moins de 8h je vais poser le pied dans la plus grande ville d'un pays-presque-continent ? Dans une espèce de monstre de ville propre à transformer le petit mais néanmoins homme-de-Paris que je suis en un tout petit et plutôt-insecte-qu'homme-de-bombay ? Je verrais dans quelques heures si cette cité est mangeuse d'homme, comme le prétend Jonathan, mais je suis plutôt confiant.

Pour l'heure, Bombay me tends ses tentacules ! Je suis prêt. Pour ceux que ça intrigue mais sans être trop intéressé par la conclusion parce que je vais la bâcler : Bombay qui veut dire la "bonne baie" en portugais, est devenue Mumbai en référence à je ne sais plus quelle déité... fin de la leçon !

Dans quelques heures, ma première expérience indienne sera de trouver un pre-paid taxi pour rejoindre la maison familiale de Deepali, mon hôtesse pour la nuit, le temps que je me trouve un hotel dans les parages.

Je réfléchis à mon organisation. Je vais rester en inde une semaine... je pense que ces prochains jours seront occupés par le mariage donc je risque de ne pas trop bouger jusqu'à la fin de semaine afin d'être disponible pour tous les événements prévus, c'est pourquoi je pense prendre un hotel pas loin de chez Deepali. J'ai cru comprendre qu'elle habitait le nord de Bombay, une région qui n'a pas d'intérêt touristique, et à vue de nez je suis à 60 km du centre ville donc autant rester là bas pour commencer.

La cérémonie traditionnelle aura lieu demain matin, et une autre cérémonie plus habituelle se tient vendredi. Pour autant, et ma compréhension de l'anglais valant ce qu'elle vaut, je n'ai peut-être juste rien compris.

J'envisage d'attendre plutôt le weekend et les jours de la semaine prochaine pour le tourisme à proprement parler, et donc me rapproche du centre touristique de la ville. Je me suis renseigné un peu sur Internet avant de partir, Mumbai est une mégapole économique qui n'a a priori que peu d'intérêt culturel ou architectural, j'espère quand même que je trouverais des choses à voir et à photographier.

En tout les cas le dépaysement sera là, et je suis sûr que ce sera une expérience humaine riche d'enseignements !

Quant à la photo, elle m'a été motivée par ma prise de conscience "en direct" du décalage horaire : je n'avais jamais eu conscience de ce phénomène avant puisque je ne l'avais jamais vécu d'autant en avion. (entre la corse, l'espagne, l'allemagne, et les autres voyages plus lointains mais en voiture, c'est limité...)

Quand j'ai vu le soleil se coucher à vitesse grand V parce qu'on s'éloignait de lui, je me suis dit qu'il ne fallait pas que je le rate. Merci l'iPhone !

lundi 24 janvier 2011

24. Visa pour l'Inde !


Tout est dans le titre ? Le matin je check sur le site internet, mon visa n'est pas arrivé. J'y retourne vers 15h30 : il est arrivé !

Ca tombe bien, car le matin j'ai découvert que les billets du mardi étaient au même prix que le mercredi contrairement à ce que je pensais avoir vu la semaine dernière. Donc finalement, pourquoi rater la première cérémonie en arrivant trop tard, si je peux partir mardi ? Essayons.

L'agence ferme à18h, cela me laisse 1h30 pour plier bagage... du boulot, confirmer mes congés pour le lendemain, et prendre la poudre d'escampette. Pas facile, sachant que l'un de mes 2 chefs était en réunion tout l'après midi et qu'il n'était pas au courant. Ce que j'ai fait pourrait s'apparenter à une désertion de poste mais il n'en est rien, mon autre chef était au courant, elle est très compréhensive et sympathique, et puis elle a vécu en même temps que tout mon bureau la course contre la montre que j'ai engagé pour ce voyage donc elle sait ce qu'il représente pour moi. Cela couplé au fait que je venais de finir mon chiffrage et que je n'avais pas d'autre sujet... ce projet est tombé pile poil la bonne semaine.

Bref, je suis parti, j'arrive 15 minutes avant la fermeture de l'agence. C'est pas un problème, je récupère mon visa en 2 minutes : ça, c'est fait. Je comprends pas trop pourquoi je passe en premier alors qu'il y a une vingtaine de personnes devant moi, mais soit. Je suppose qu'ils sont là pour des passeports...

Pas le temps de tergiverser, je rentre préparer mes affaires !

Un grand merci à Gladys qui s'est proposé de me prêter des bagages... Et oui, même ça j'avais pas !

Un grand merci à Alex d'être allé les chercher.

Et un grand merci à Pierre qui a été d'accord pour me prêter son précieux, j'ai nommé le Grand, le Magnifique, le Superlatif Nikon D700 ! Le reflex de mes rêves...

J'avais déjà parlé de ma passion pour la photo à Deepali, et je lui ai dit que je comptais louer un reflex au CE de BNP pour l'occasion, ayant déjà les optiques fullframe (*) du F100 il ne manquait que le boitier : l'occasion d'immortaliser le mariage en D700, de tester mes objectifs argentiques sur un numérique, mais aussi voir si le D700 me plait.

*fullframe : le capteur numérique du réflex a la même taille qu'un négatif, soit 24x36 mm, ce qui fait que les objectifs ont la même logique de calcul de zoom qu'en argentique. Les intérêts étant nombrables et les inconvénients aussi, je ne vais pas en parler : OSEF !

Deepali m'a fait part de son désappointement à l'idée de se contenter des photos traditionnels du photographe officiel et conventionnel, et m'a demandé si je pouvais être son photographe, de m'occuper de saisir pour elle des instants un peu plus vifs et un peu plus funky que ce que traque un photographe officiel.

A dire vrai c'était bien mon intention, mais qu'elle me le propose comme ca, j'étais encore plus emballé ! Le problème c'est que je m'y suis pris trop tard pour louer un reflex au CE... et c'est là, au dernier moment, que j'ai pensé à Pierre. Me voila parti pour un aller retour à Bussy St. Georges entre 20h et 22h30 la veille de mon départ pour effectuer la transaction... Ça peut sembler fou mais c'était tellement important pour moi! La valise attendra.

Une fois de retour, je m'occupe de ma valise. Tout sera finalement réglé vers 1h30, ce qui nous laisse une fenêtre de tire pour regarder le dernier épisode de la série Harper's Island que nous avions commencé en mangeant ! La série se laisser regarder. Parfaite pour une série d'une saison. Pour la peine je vais spoiler : c'est *tuuuuut* le coupable !

Quelle soirée... mais je me dis que cela ne fait que commencer.

Et en photo donc : mon visa ! Legerement anonymisé, merci le pansement de Photoshop CS5, qui s'en sort pas trop "trop" mal pour un motif à la graisse de phoque façon billet de banque !

dimanche 23 janvier 2011

23. Essasoap



Journée repos chez les parents à Essa ! La photo symbolise la fin de la salle de bain du haut, car quand le porte savon est là, le principal est là. Il reste du travail mais cela pourra attendre... quelques années selon les critères michounesques, quelques semaines selon les critères titouistes !

J'aime beaucoup les accessoires en bambou foncé qu'ils ont acheté, et je trouvais ce petit savon très mignon. Les parents, vos savons se boboïsent ! :p

Nous rentrons le soir sur Paris, juste à temps pour accueillir Jonathan de passage sur Paris, avec qui nous passerons la soirée autour d'une boite de SushiShop. Grosse désillusion sur cette 2eme expérience : ils ont oublié le wazabi et le gingembre ! Et même la présentation est moins sympa. Des petits détails qui changent tout.

Jonathan pensait que mon histoire de voyage en inde était une blague... quelle idée ! Il est justement sur Paris pour des histoires de visa pour y aller dans quelques mois... quelle idée de s'y prendre tant à l'avance...

...oui bon j'avoue c'est plus intelligent que le dernier moment comme moi, OK, OK...

Ceci dit j'angoisse toujours : je dois récupérer mon visa mardi au plus tard si je veux pouvoir partir mercredi.

En fin de soirée Ray et Raf nous rejoignent pour récupérer un sac oublié la semaine dernière, ce qui fait que finalement nous resterons à 5 une bonne partie de la soirée.

samedi 22 janvier 2011

22. Mariage franco-chilien


Aujourd'hui a eu lieu le mariage de Xavier et Jacqueline. Xavier est un ami de ma Seine et Marne natale, et Jacqueline sa femme. Elle est d'origine Chilienne, Chili où ils habitent et travaillent tous les 2 en tant que prof ! Je n'ai malheureusement quasiment pas pris de photos de la journée, alors voici ce que je vous propose pour aujourd'hui !

vendredi 21 janvier 2011

21. Fricoti Fricota


Après une journée des plus banales, nous prenons le train direction la Seine-et-Marne.

À journée banale photo sans rapport : voici un détail de nos étagères, l'une des rares sans CD, et donc l'une des rares à accueillir d'inutiles babioles, ici la belle Jessica sur laquelle j'ai flashé lors d'une expédition Disney !

jeudi 20 janvier 2011

20. La cuisine selon Seb






Fin de mon chiffrage et présentation a la MOA! Verdict, un peu plus de 1000 jh,soit avec un TJM d'environ 500 euros cela donne un projet à 500 000 € ! Le TJM c'est le taux journalier moyen, coût d'une personne ramenée à une journée, ce qui selon les profils varie d'environ 350 € (développeur) à 650 euros (chef de projet), mais c'est sans limite, ça arrive de voir des spécialistes à 1500 € la journée, et il y en a sans doute de beaucoup plus chers...

500 k€ juste pour une appli... Moi j'aurai bien quelques idées beaucoup plus immobilières !

Ce soir après mes cours, Ray et Raf mangent avec nous, et nous avons décidé de cuisinier : ce sera poulet au gingembre, sur une suggestion originale du livre de recettes offert avec les cocottes minutes Seb.

La photo n'est autre que... la photo de l'image illustrant le livre de recette, car comme une buse, je n'ai pas pris une seule photo de la soirée ! Décidément je n'ai plus le réflexe photo c'est dramatique...

Quant au poulet, le résultat était plutôt sympa, à refaire !

mercredi 19 janvier 2011

19. Cabaret Martyr


Que prendrez vous ce soir ?
Une soirée spectacle s'il vous plait.
Oui alors pour ce soir nous avons une soiree excentrico-burlesque facon effeuillage à vous proposer, avec "Cabaret Martyr", une troupe de 3 femmes et un homme totalement déjantés.
Adjugé, mettez m'en 5 places !
Avec ou sans talent ?
Oh prenons le talent sur les 3 femmes et laissez la nullité sur le mec.
Très bien, voila monsieur, bon spectacle !

C'est avec Kim, Gladys, Nizar, Alex et moi que nous nous retrouvons ce soir pour une soirée expérimentale. L'occasion de voir des choses très intéressantes, et d'autres un peu plus bof, voir même terriblement nase.

Comme pour la boite de bonbons je vais commencer par le mauvais pour finir sur le bon!

Il y a eu des passages extrêmement nuls disais-je, du niveau "délires entre potes" la salle rit niaisement... C'est à n'y rien comprendre. Et le doute m'assaille : je suis juste mauvais public (chacun son truc) ou c'est l'âge qui me gagne ? A moins bien sur que la moitié de la salle soit invitée... Je penche pour cette solution de facilité et de non-remise en question :p

Passons et revenons aux bons moments, avec en clou du spectacle les 2 scènes finales d'effeuillage ! C'était vraiment magnifique.

La première tout d'abord ! Les 2 filles canons et dynamiques entrent en scène lentement dans une danse dos à dos très langoureuse et suave. Elles tournent dos a dos sur elles même et je comprends au bout d'un tour qu'elles sont liées ensembles, comme des siamoises, puisqu'elles sont deux dans une grande mini jupe, ce qui associé a des mouvements de danse savamment bien choisis propose un résultat magique qui a quelque chose d'envoutant.

Pour couronner le tout, elles jouent en playback sur une chanson très drôle "si tu veux être mon amoureux tu dois payer" qui se prête bien a la chorégraphie.

Au cours de l'effeuillage elles abandonneront tour à tour leur jupe unique, une première culotte unique, leur soutien gorge, pour ne finir qu'en collants et culotte encore unique.

Quant tout a coup la 3ème (la moins gracieuse) se pointe et les pousses en dehors du plateau pour prendre la place, façon de dire "moi aussi je peux". S'ensuit une incroyable tentative d'enlever tous ses vêtements en même temps, ce qui n'aboutira qu'a un sac de nœud, avec tête et bras coincés dans le teeshirt, un sein et les fesses à l'air, je vous laisse imaginer le tableau.

C'est à moitié habillé, et donc à moitié dénudée, que la dernière comédienne commence sa chanson, pas en playback cette fois. Une chanson qui mélange... je ne saurai pas trop dire, une espèce d'énergie et de mélancolie, terriblement touchante, et interprété d'une manière absolument unique... Elle en impose, elle a un charisme fou, je suis sou le charme.

Fin du spectacle.
Gladys, je veux bien en voir d'autres ! Et tant pis si c'est la loterie :)

J'ai oublié de prendre une photo durant le spectacle, donc voici l'entrée de la salle, sans lumière, sans intérêt... oui j'ai honte.

mardi 18 janvier 2011

18. En exclusivité mondiale... l'iPhone 5 !!!

Le midi en arrivant au restaurant, je trouve sur ma table le prototype d'un iPhone 5 !!!
Enfin je crois. Qu'en pensez-vous ? Quoiqu'il en soit, il s'agit du seul téléphone au monde à proposer de la Suze ! La class.

Ce soir au CNAM, c'est révisions de cours de logique. Je m'en sors... coussi coussa !

lundi 17 janvier 2011

17. Mother Fucker 'n Sushi Party


J'ai changé d'équipe au boulot la semaine dernière, mon nouveau responsable m'a demandé d'estimer le coût d'un projet de création d'une application, je dois le faire pour mercredi et je suis très en retard... donc journée placée sous le signe du travail intensif, pas de pauses, arrivé tôt parti tard, c'est l'hémorragie cérébrale.

Je parviens en fin de journée sur un pré-chiffrage qui pour le moment atteint les 900 jh (jours-homme, l'unité de chiffrage dans l'informatique, souvent utilisé quand on ne veut pas encore entrer dans le détail des euros) donc à vue de nez un projet de 12-14 mois, il me reste 2 jours pour affiner et faire une présentation PowerPoint.

Il se fait tard, je suis en retard pour rejoindre la "Mother Fucker 'n Sushi Party" chez Phil & Véro, l'occasion de découvrir Mother Fucker, le nouveau spectacle de Florence Foresti, autour d'un plateau de sushis pas donnés mais excellentissimes.

Spectacle très divertissant et très sympa avec comme fil conducteur sa vie de maman après l'accouchement de sa fille. De très bonnes trouvailles même si j'ai aussi trouvé quelques longueurs.

Je trouve que le rappel était excellent... Allez je résume pour ceux qui l'ont pas vu ! Elle joue sa fille de 2 ans au téléphone avec son portable en plastique en train de parler à son te-po imaginaire, accroché au bras de sa reum qui ne comprend rien à la vie, avec beaucoup de références au spectacle durant lequel nous n'avions eu que l'avis de la maman, jusqu'à ce rappel où la vision des frasques de sa mère par la petiote boucle la boucle ! Juste énorme.